Interview Afrikaner

Cyriaque Griffon / Prix « Ecrivains de Vendée » 2010 pour son 1er roman « Afrikaners »

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Pour l’actualité d’ « Afrikaners » boutons04.png

francia.gifInterview de Cyriaque Griffon par Mervin van Heerdensouthac.gif

Je m’appelle Mervin van Heerden. Je suis Afrikaner. Je vis en Etat Libre en Afrique du Sud. Je suis le personnage central d’un roman qui raconte la saga d’une famille sud-africaine blanche : « Afrikaners, Les secrets de Vryland ». Je suis le fruit de l’imagination de mon auteur, Cyriaque Griffon. Les faits relatés puisent cependant dans une réalité bien ancrée, reposent sur une foule d’histoires qui se sont réellement déroulées et sont truffés de détails relevés durant son expérience dans les services de renseignements des Forces Armées de la Zone sud de l’Océan Indien

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J’ai eu envie de le rencontrer et de connaître les raisons pour lesquelles il a choisi de parler de mon pays, de mon combat. Alors nous partons tous deux pour un voyage de l’imaginaire où toutes les rencontres sont permises et au cours duquel fiction et réalité se mêlent. Ce sont comme deux parcours qui se seraient entrecroisés et superposés, entre la plume de l’esprit d’un créateur et le caractère d’un personnage de fiction qu’il a fabriqué. L’action du roman se situait dans l’Afrique du Sud des années 90. J’imagine qu’il vient me rendre visite quelques années plus tard. Nous sommes en 2010. Direction : « Vryland», Etat Libre, Afrique du Sud…

« – D’où viens-tu exactement ? – J’habite Nantes et je viens d’une petite commune de France, La Guyonnière, d’un département qui s’appelle la Vendée. Nous avons au moins un petit point commun : une terre de tradition agricole et de ferveur religieuse. Mes deux grands-pères étaient fermiers. Ces recoupements terriens m’ont de toute évidence également inspiré.

- Pourquoi as-tu choisi parler de l’Afrique du Sud ?

- Un jour ton pays s’est trouvé sur mon chemin. A plusieurs reprises. Je me suis même dit que j’étais destiné à croiser et recroiser les chemins sud-africains

-Un hasard ?
- Y-a-t-il des hasards ou est-on destiné à avoir une sensibilité particulière à l’égard d’un pays, qui fait que c’est comme si on le sentait vivre un peu à l’intérieur de soi ? L’Afrique du Sud, je ne pouvais de toute façon pas y échapper. Elle me rattrape toujours, tôt ou tard. J’ai été fasciné par la destinée de ces peuples. Noirs et blancs.
-En Angleterre, tu avais déjà un peu « rencontré » l’Afrique du Sud, non ?
- Après mes études, j’ai quitté Nantes pour partir un an à Bristol. Mon colocataire était sud-africain. J’avais une vision un peu trouble de ce pays. A cette époque, ma connaissance de l’Afrique du Sud se résumait à trois mots : Mandela, apartheid et Soweto. Et puis il y a eu cette date historique. C’était le 11 février 1990. La télévision était allumée et mon colocataire – blanc, sud-africain – avait les yeux rivés sur le poste. Des millions de télés étaient allumées sur la planète pour suivre un évènement en direct. Le monde entier guettait le visage de cet homme qui sortait après 27 années de prison . L’Afrique du Sud était en liesse et attendait le visage de Mandela que l’on ne connaissait que sur des photos qui dataient de 1962. Mais à la maison, c’était un peu la tension. Je jetais des regards en coulisse et je me sentais mal à l’aise. Ce colocataire était à des milliers de kilomètres de son pays, il suivait en direct un évènement déterminant pour l’histoire de son pays. Il était sud-africain. Il était blanc. Donc il était raciste. Donc c’était un fervent partisan de l’apartheid ! Ce raccourci pouvait sembler très brut mais c’était ce qui me trottait dans l’esprit et sur le moment cette déduction me semblait d’une logique affreusement implacable ! Et comme en plus il n’était pas très bavard de nature, je ruminais encore plus. Heureusement, comme s’il avait lu dans mes pensées, il est venu à mon secours. Il s’est tourné soudainement vers moi et me dit :
« – Tu dois te demander ce que j’en pense ?
-Euh..ben…oui…
- C’est une bonne chose enfin que de libérer Mandela »

Concis mais clair. Au moins cela a eu le mérite de détendre sacrément l’atmosphère ! Et pour être plus explicite, il a cru bon d’ajouter :
« – Je ne suis pas Afrikaner, moi ! Je suis de souche britannique »
Ce qui ajoute atrocement à ma confusion ! J’apprendrai beaucoup plus tard ce que c’est qu’un ‘afrikaner’ (descendant des colons hollandais), un mot dont beaucoup d’Européens ont encore du mal à cerner la signification.
- Après cet épisode anglais, il y a eu le service militaire…
- Oui, un an plus tard. Mais jusque là, je n’étais pas spécialement sensible à la cause du sud-africaine. Je faisais des classes militaires dans le sud de la France. On m’y apprend une chanson militaire. Chanson à laquelle je me collais à contre cœur mais on me dit que c’est pour garder le rythme. Mes pieds avaient cependant envie de se décoller à…contre-pied !
- Quelles étaient les paroles ?
- Quand j’étais petit je croyais qu’un démon
Venait ravir ma maison
Mais lorsque je fus grand
Ce fut une horrible guerre
Qui m’emmena loin de mes terres
Oui je veux revoir
Dans mon vieux Transvaal
Ma ferme au toit de chaume…

- C’est « Sarie Marais ». C’est une chanson traditionnelle, à l’origine en afrikaans, créée vers 1900 lors de la Guerre des Boers. Elle raconte la nostalgie des Boers pour leur cher vieux Transvaal ainsi que l’internement des civils boers dans les camps de concentration britanniques.
- Et moi, je la chantais sans comprendre. Sans même savoir ce qu’était et où se trouvait le Transvaal. Comment ne pas entendre, au travers de cette ode au pays, le profond attachement à la terre ? Ce ne sera que des années plus tard que je comprendrai le sens de ces paroles.
- Ensuite, tu es parti pour l’île de la Réunion ?
- Quelques semaines plus tard, toujours dans le cadre militaire, on m’envoie à la Réunion à collecter des informations sur la situation en Afrique du Sud. Je me colle à l’actualité politique, économique, sociale et militaire. Je travaille pour un bureau de renseignements. C’est là que ma véritable rencontre avec l’Afrique du Sud a eu lieu. Au travers de ces dix-huit mois passés à éplucher toutes sortes d’informations sur le pays, c’est dans ce contexte de folle transition trébuchante d’embûches et de violences, mais aussi criante d’optimisme et d’espoir, que je vais me découvrir cette véritable passion pour l’Afrique du Sud. Les Afrikaners et les mouvements noirs n’auront quasiment plus de secrets pour moi car j’avale des tonnes d’articles de presse et de messages d’ambassade.
- C’est ce qui t’a donné l’idée d’écrire ce roman ?
- Oui. Ma rencontre avec l’Afrique du Sud a été un sentiment qui se situe parfois au-delà des mots.
- Cette vieille chanson de la guerre des Boers que chante Papi Magnus, comment la connais-tu ?
- Elle traînait dans la famille depuis longtemps. Un arrière grand-oncle que je n’ai jamais connu la chantait.
« La guerre ! La guerre ! La guerre !
S’écrièrent les Boers
Les anglais sont foutus
Leurs femmes n’en veulent plus… »

- Finalement, du fin fond de cette Vendée, il y a un petit lien avec mon pays…
- Oui. C’est comme si il y avait une sorte de cordon ombilical qui semblait être là, en latence, pour tracer un chemin de la Vendée à l’Etat Libre d’Orange. J’ai des petits morceaux d’Afrique du Sud qui se promènent autour de moi, au fil des ans. Mais après mes deux ans à la Réunion, c’était tellement fort parfois que je me dis que j’étais un peu un morceau de cette terre, comme si j’y avais déjà vécu. Dans une peau blanche. Ou dans une peau noire. Peu importe. Comme je l’ai dit, l’Afrique du Sud, de toute manière, je ne pouvais y échapper
- Un autre exemple ?
- Je ne peux m’empêcher de repenser à ce château qui se situe à deux kilomètres de la maison de mes parents en Vendée : le Château de Bois Corbeau et dans lequel vécut au XIXème siècle un certain Georges de Villebois-Mareuil, colonel dans l’armée française.
- Qui est-il exactement ?
- Il se trouve que ce Vendéen est le plus connu des français qui combattirent en Afrique du Sud aux côtés des Boers contre les Britanniques au début du 20ème siècle. Ses sentiments de haine à l’égard des britanniques l’avaient amené naturellement à combattre aux côtés des Boers. Villebois-Mareuil mourut au combat et son corps est enterré en Afrique du Sud. Le plus grand héros français de cette guerre, dans le coeur des Boers, fut cet homme qui vécut tout près de chez moi. Si près de chez moi. J’avais déjà par procuration un bout de l’Afrique du Sud presque sur le pas de ma porte. A l’époque, je ne savais rien de tout cela. L’Afrique du Sud est une partie de ma maison que j’ai eue dans le coeur avant même d’y avoir mis les pieds. Elle m’habite. Des années plus tard, je reprends une année d’études à l’université. Une partie du programme de civilisation est consacré aux mouvements ultraconservateurs sud-africains. Me revoilà replongé un moment dans la folle vie d’Eugene Terre Blanche et de son Mouvement de Résistance Afrikaner, me délectant à l’idée supérieure que je suis le seul étudiant de toute la section à ne pas découvrir l’individu. Nous sommes à la fin du quinquennat de Mandela. Je décide également de consacrer un mémoire de fin d’études à l’Afrique du Sud, une recherche intitulée « La politique du logement en Afrique du Sud de 1994 à 1999 : l’impasse » Puis, je suis allé fouler le sol sud-africain pour la première fois, en juillet 2005, quand je suis monté dans ce car qui s’est éloigné et qui a traversé le bush, presque aussitôt j’ai comme entendu une petite voix au fond de moi-même. Une petite voix qui disait : « Ca y est, je suis chez moi ».

- C’est depuis ce voyage que tu as entrepris d’imaginer et d’écrire mon histoire.

- Ou plutôt de la terminer. L’idée avait germé quelques années auparavant mais était resté à l’état embryonnaire dans quelques fichiers. Mais dis-moi Mervin, cette nation arc-en-ciel, en 2010, où en-est elle ? Qu’est-ce qui a changé ?

- Il a fallu apprendre à vivre ensemble, avec des nouveaux repères. Les jours fériés et les commémorations ne sont plus les mêmes. Ainsi, le 16 décembre, jadis jour réservé à la commémoration du serment des Boers, s’est transformé en Jour de la Réconciliation. La géographie a aussi changé. Il y a eu tout un redécoupage du pays. L’Etat Libre d’Orange s’appelle désormais l’Etat Libre. Là-bas, la province du Transvaal a été découpée en quatre régions avec des noms à consonance très africaine tel que le Mpumalanga qui correspond au Transvaal Est. La politique d’africanisation du nom des villes a contribué à rebaptiser certaines localités. A titre d’exemple, la ville de Pietersburg s’appelle désormais Polokwane et est devenue la capitale de la province du Limpopo, anciennement le Transvaal du Nord. Sinon, il y eu le vingtième anniversaire de la libération de Mandela. On a toujours un sérieux problème de criminalité. L’ancien dirigeant de l’extrême droite Eugene Terre Blanche vient d’être assassiné…

- Vue d’Europe, la notion d’Afrikaner parai-elles un peu floue pour certains?

Oui. Que conseillerais-tu de faire à quelqu’un qui aurait du mal à cerner ce qu’est un Afrikaner?
- Le plus simple : de cliquer sur le lien suivant afrikanerstitre.jpg

- Rien d’autre à ajouter?
- Si.
- Quoi?
- On a eu un super challenge pour 2010…
- Lequel?
- Ben…Quand même! Accueillir la coupe du monde de… blackboyfootballgif.gif! « 
- Oui…évidemment. Conclusion?
- Que les meilleurs gagnent! Blancs ou Noirs.



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